Los Monegros 2003

Les Monegros sont situés sur un plateau du Haut Aragon au sud de Huesca. Les étés y sont particulièrement chauds et secs. Les genévriers thurifères abondants dans cette zone semi désertique ont donnés le nom  » montes negros » qui, après contraction, est devenu los Monegros.

Le genévrier thurifère (Juniperus thurefia) se trouve également en abondance en Afrique du nord et en Corse. Il est bien adaptés aux milieux continentaux froids en hiver et secs en été. Il domine encore, bien que les cultures gagnent du terrain.

C’est en vallée d’Aspe, aux Forges d’Abel que nous avons rendez-vous avec Maîté et Patrick (initiateurs de cette ballade) ce vendredi soir pour le pont du 11 novembre. C’est un endroit que nous connaissons bien pour y avoir passé plusieurs nuits.

 

 

L’ entrée désaffectée du tunnel ferroviaire de la ligne
Pau-Canfranc dont la remise en service est envisagée

 

 

Après une bonne nuit, le soleil apparaît sur les sommets, nous somme prêts pour de nouvelles découvertes.

 

Nous traversons les Pyrénées par le tunnel du Somport, (gratuit) d’une longueur de 8608 mètres. Sa mise en service a été réalisée très récemment, en janvier 2003.

Le profil de la route d’accès du côté français n’a que très peu changé par contre, la descente sur Jaca est très roulante. Elle offre de plus de très belles vues sur les Pyrénées Aragonnaises.

Après Jaca, un brouillard assez épais remplace le soleil que nous avions depuis la sortie du tunnel. Nous sommes très vite arrivés à Huesca, près de cette ville se situe le point de départ de notre boucle.

Nous prenons une route assez étroite qui nous permet d’apprécier un paysage chaotique et rude de sierra ainsi que des oliviers et des genévriers thurifères.

 

Nous atteindrons Piracès, petit village pittoresque aux rues étroites où nous serons escortés durant la traversée par un nombre impressionnant de chiens et de chats que nous avons dû déranger dans leur tranquillité habituelle.

 

Le village de Piracès sur la hauteur.

En contre bas, une oliveraie où des hauts parleurs envoient, à intervalles réguliers, des cris de rapaces ou d’oiseaux apeurés destinés à éloigner les volatiles amateurs d’olives.

L’olivier

Vous ne pourrez visiter l’Espagne sans le rencontrer. De la famille des oléacés, l’olivier est un arbre aux branches et au tronc particulièrement tortueux.
Le commencement de sa culture se situe en Asie Mineure, il y a six millénaires. Les Grecs et Romains se chargèrent de son expansion dans toute la zone Méditerranéenne..
L’Espagne, avec 210 millions d’arbres plantés dispose de la plus grande superficie d’oliveraies (2 milions d’hectares). C’ est aussi le plus gros producteur au monde d’huile d’olive (1.060.000 tonnes).

Vous ne pourrez déguster des olives fraichement cueillies, (seul les oiseaux en sont gourmands) elles sont amères et nécessitent plusieurs traitements avant d’arriver sur nos tables.

 

 

Les olives noires et vertes sont une même variété comme le montre notre photo. Seul le degré de maturité fait la différence.

Le ramassage commence en octobre pour les vertes, les plus précoces, et peut se terminer en janvier pour des olives noires parfaitement mûres.

La gestion de l’eau a toujours été une nécessité en Espagne, de très nombreux ouvrages sillonnent le paysage, parfois sur des kilomètres afin d’irriguer les cultures. Ce réseau d’irrigation a permis le développement agricole de zones arides, telles les Monegros.

 

Une tradition très ancienne en Espagne:

Vers 960 ap. J.- C., le Calife de Cordoue eut l’idée de créer une instance capable d’organiser et de réglementer la distribution de l’eau…
Un millénaire plus tard, la ville de Valence entretient cette tradition et un Tribunal des Eaux (Tribunal de las Aguas), unique en son genre, veille encore au respect des intérêts des agriculteurs de la région.

 

 

 

 

Construction traditionnelle en terre.


Lac artificiel servant à l’irrigation, celui de Marcen.


Quand le temps se charge de sculpter la pierre sur la route des Torrollonnes.


Une piste très bien entretenue nous conduit dans ce décor sauvage au Rincon del Olivar un parc Aventura y est installé, il est fermé à cette saison.

Tout au bout de la piste, protégé par les falaises El rincon del Olivar abrite de superbes oliviers centenaires. Les vautours semblent s’être installés dans ces lieux, nous pourrons les observer pendant notre balade.

Lagune de Sariñena

Le mois de novembre n’est pas la meilleure période pour l’observation des hôtes de la lagune.
I l y avait néanmoins quelques variétés de canards très certainement sédentaires.

Un centre d’interprétation y est intallé, nous avons pu le visiter et ainsi mieux connaître le site et ses richesses.

 

 

Chartreuse de Nuestra Señora de Las Fuentes

Nous avons trouvé un bel emplacement pour la nuit à proximité de ce monastère sur un odorant tapis de thym sauvage.
Une cigogne et son petit ont choisi de ne pas partir vers le sud. Ils sont Installés sur le clocher et nous avons vu la mère effectuer des trajets pour le ravitaillement dans les champs voisins.. 

 

 

Les cigognes savent bien s’approprier tout ce qui peut servir de support à un nid, pas une construction ne semble leur échapper.

Lanaja

 

Panorama à 360° sur les Monégros depuis le
mirador de Las Tres Huegas

 

Dommage, depuis ce matin, le soleil joue à cache cache avec les nuages et la brume

 

 

Eglise de l’Ascension à Léciñena, dont l’architecture est un bel exemple de l’art Mudéjar (mélange de style arabe et chrétien qui date de la Reconquista).

A proximité de Farlette, l’ Ermitage Notre dame de la Sabine, tenu par le Père Ramon, un français .

 

 

 

L’ ermitage est fermé nous aurons juste la possibilité de regarder la chapelle au travers des ferronneries de la porte.

Les environs de l’ ermitage sont semi-désertiques, Charly notre fox en est tout pensif !

 

Vues sur la sierra d’Alcubierre

 

Castejon de Monegros

 

L’olivier s’embrase au soleil couchant devant La Chartreuse de Nostra Señora de Las Fuentes
où nous avons décidé de passer une seconde nuit.

Après avoir effectué quelques achats à Sariñena, dans un petit supermarché (chaine filiale d’Auchan) appelé Arorojo, nous suivrons des pistes de Lalueza à Frula.
La piste tout d’abord en bon état traverse une zone humide, le rio Flumen n’est pas loin. Les ajoncs et bambous bordent la voie laissant par endroits juste la place des C.Cars.
Le temps très sombre au dessus de nos têtes et le soleil éclairant l’horizon derrière des rideaux de pluie nous offre un magnifique spectacle..

 

Le ciel, tout d’abord menaçant devient franchement hostile, un torrent d’eau boueuse dévale la piste, celle-ci, de plus, s’est sérieusement dégradée, parsemée de trous que nous voyons difficilement, la conduite réclame une attention soutenue.

Nous sommes dans une région semi désertique où il ne pleut presque pas, sauf aujourd’hui !!!

Nous nous serrons sur le côté de la piste pour laisser passer un troupeau, le berger abrité sous un grand parapluie nous remerciera au passage, se demandant très certainement si nous ne sommes
pas fous de venir passer par là avec nos engins.

A Torralba de Aragon, une place bien goudronnée accueillira nos deux véhicules, il pleut toujours très fort, nous nous réfugions dans l’un pour le repas.

La pluie ne s’arrête plus, dans ces conditions, il devient très difficile de visiter, cela ne nous encourage pas à continuer. D’ un commun accord, nous décidons d’avancer le retour, ce soir nous dormirons à nouveau aux Forges d’Abel. Nous nous promettons de revenir au printemps prochain pour approfondir la connaissance de cette région riche en centres d’intérêt que nous n’avons explorée que partiellement.

Après une bonne nuit, nous suivons la vallée d’Aspe, en passant devant la gare désaffectée de Lescun-Cette-Eygun, nous pensons à celui qui a si souvent fait la une des médias. Il s’agit d’Eric Petetin surnommé  » l’ indien  » qui avec sa bande d’apaches a été, dans les années 90, l’ un des plus farouches opposants à la construction du tunnel routier du Somport.

Nos routes se séparent à l’entrée de Pau, c’ est le retour !

La même aventure vue par Patrick, c’est ici: http://perso.wanadoo.fr/pl65/voyages/espagne/monegros/monegros1.htm

Merci à Maïté et a Patrick qui nous ont servi de guides pour cette escapade en Aragon .

fin