Estonie

 

C’ est par un temps nuageux que nous arrivons à Parnu, nous trouvons un parking en bord de mer pour déjeuner et effectuer une promenade.

 

 

 

Cet aménagement pour piétons en bordure de plage est très joliment agencé et fleuri, les roses qui poussent dans le sable sont très belles.

 

 

A Virtsu nous prenons un ferry pour les îles de Muhu et de Saaremaa, une demi-heure de traversée et nous arrivons par grand beau temps.

 

Sur Muhu, le village de Liiva est connu pour
son église Sainte Catherine et son plan inattendu, elle a une large nef qui succède à un coeur plus étroit se terminant lui-même par une abside encore plus resserrée.

Une petite route nous mène au village typique de Koguva ( site protégé) qui constitue un très bel ensemble encore habité.

 

Les maisons en bois ou en granit sont souvent
couvertes de chaume et sont entourées de
murets de pierres sèches.
Les jardins, très bien entretenus participent à
l’ ambiance harmonieuse et reposante du lieu.

 

Notre promenade nous fait découvrir par hasard cette statue d’un poète estonien regardant le large, un corbeau sur
l’ épaule.

Un charmant petit port avec sa maisonnette rouge.

 

La route passe sur une digue de 2kms 400 à travers le ¨  Väike Väin  » réunissant les
deux îles.

 

 

Nous voici sur l’ île de Saaremaa, à Orissaare, le charmant
petit port ouvert sur le détroit servait à assurer la liaison entre
les 2 îles avant la construction de la digue.

La route numéro 10 nous amène à Kaali rendu célèbre par ses cratères de météorites, le plus important est à peu près circulaire, d’ un diamètre de 110 mètres et d’ une profondeur de
22 mètres, ( la chute est intervenue il y a environ 7 000 ans). l’ île n’ étant pas habitée à cette époque, les réserves de bois étaient inutiles…

plus de 800 moulins à vent, quelque uns ont survécu. A Angla, un bel ensemble de cinq moulins se visite.

 

 

 

 

L’ île se termine par une péninsule qui porte sur sa pointe sablonneuse le phare de Saare.

La brume matinale s’ est très vite dissipée
et nous a permis de profiter de ce bout du monde.

Après un déjeuner dans un coin sauvage au bord de la Baltique, sur la route du retour, nous nous arrêtons au cimetière dédié aux soldats de l’ Armée Rouge.

 

 

Un monument de style très soviétique a été édifié à la gloire des soldats sur la plage attenante.

 

 

 

Kuressaare, seule agglomération importante de l’ ile était une station balnéaire très en vogue au 19e siècle.
Son ancien Hôtel de Ville (1676) et sa place centrale bordée de belles demeures ont été vus sous la pluie.

Revenus sur le continent, nous faisons route vers Tallinn, à une quarantaine de kilomètre de la capitale nous choisissons de faire étape sur le parking d’ un circuit automobile.

 

Nous arrivons tôt à Tallinn par temps couvert et avons la chance de trouver dès notre arrivée un parking près du centre.
Il est situé en bordure de la place de la Liberté ( Vabaduse väljak) et en face de l’ église Saint Jean ( jaani kirik). Nous commençons la visite par « Toompea » la ville haute.

Cette croix translucide, illuminée la nuit, célèbre la première indépendance de l’ Estonie de 1918 à 1940, puis, plus récemment, l’ indépendance retrouvée en août 1991.

De grandioses escaliers nous font découvrir les anciens remparts et nous arrivons sur la place du château « néo-baroque » qui abrite le parlement estonien.

 

Un peu plus loin, nous admirons les demeures aux couleurs vives et la cathédrale russe orthodoxe Alexandre Nevski, construite en 1894 sur ordre du tsar Alexandre III, afin que
les estoniens abandonnent la religion luthérienne au profit de l’ église orthodoxe.

 

 

 

A l’ entrée d’ une de ces terrasses, deux très jeunes musiciens talentueux se produisent et des marchandes habillées à l’ ancienne proposent des produits typiques.

Nous empruntons la célèbre rue Pikk pour redescendre de Toompea. Cette rue particulièrement longue traverse le coeur historique pour rejoindre et franchir les remparts afin d’ arriver
près du port.
Nous rejoignons la « Raekoja plats ». L’Hôtel de Ville est un bel édifice médiéval auquel un beffroi effilé a été ajouté en 1628.
Cette vaste place est entourée de riches demeures de marchands aux pignons pointus, le jour de notre passage y était installé un sympathique marché.

 

Nous admirons ensuite après la discrète église du Saint Esprit, le siège de la Grande Guilde des marchands qui héberge le musée d’ Histoire estonienne, un immeuble
« Art Nouveau » et le siège de la Confrérie des Têtes Noires qui réunissait, comme à Riga, les marchands allemands encore célibataires.

 

Le siège de la Guilde de Saint Canut regroupant les artisants est orné de deux statues noires, l’ une de Luther et l’ autre de Saint Canut, il abrite aujourd’hui une salle de concerts.

Notre promenade se termine par une vue sur l’ Opéra de Tallinn et la visite de quelques boutiques d’ artisanat.
Nous avons pu remarquer que l’ artisanat local, très intéressant, a de nombreux points communs avec celui des voisins norvégiens .

 

 

 

 

 

 

En regagnant le parking nous ne résistons pas au
plaisir de faire une photo de la Croix de la Liberté
sous le soleil.

A l’est du centre ville, dans un vaste parc sont rassemblé plusieurs édifices remarquables:
– le musée d’Art estonien  » le Kumu  » dont la silhouette effilée est une réussite architecturale.
– le palais présidentiel à la façade néo-baroque construit au 20e siècle.
– le palais de Kadriorg et ses jardins à la française, cadeau du tsar Pierre le Grand à sa bien-aimée la future Catherine 1 ère.

 

 

Après cette journée bien remplie, nous trouvons un bivouac à 10 kilomètres de Tallinn sur le partking du Cimetière de la Forêt. Après une petite pause nous allons nous promener dans cette agréable forêt de pins qui accueille les sépultures de toutes les religions. Nous avons trouvé que les cimetières des pays baltes étaient souvent bien implantés dans des sites naturels arborés et très bien entretenus. 

 

Pour rappel, nous sommes fin juin et nous pouvons voir du muguet et du lilas en fleurs comme le montrent les photos encadrant la tour de la télévision

 

 

 

De la plage de Pirita, nous avons une vue panoramique sur la baie et la ville de Tallinn.

Nous prenons la route de Narva, ville frontière avec la Russie, pour visiter le Parc National de Lahemaa où la faune et la flore sont particulièrement préservés. C’ est la partie la plus
septentrionale de notre voyage, nous sommes sous le 59ième parallèle alors que Bordeaux se trouve sur le 45ième !

 

 

Ce parc d’ une superficie de 72 500 hectares aux paysages très variés est constitué essentiellement de quatre péninsules.

Nous visitons le « manoir de Palmse » édifié à partir de 1730, c’ est la demeure de la famille Von Der Pahlen qui en est restée propriétaire jusqu’en 1918, leur principale source de revenu
était la distillation de liqueurs à base de baies sauvages.

 

La visite des différentes pièces qui sont meublées
d’époque est bien évocatrice de la vie et de l’ activité professionnelle des barons baltes.

 

 

La cuisine et la cave à vins nous ont semblé particulièrement attrayantes.

 

 

Une serre tropicale longe
un joli lac artificiel.

Nous voici au Manoir de Sagadi, nous y entrons par un beau portail surmonté d’un clocheton.
Cet ensemble, du milieu du 18e siècle, comprend à ce jour la demeure seigneuriale, un hôtel, un parc forestier ainsi que le musée de la Forêt que nous visitons.

Ce musée très vivant bien que pédagogique nous a particulièrement intéressé. La faune du parc national y est représentée par des animaux naturalisés.

Les essences de bois locales sont différenciées et des réalisations architecturales sont présentées.

 

Une sympatique boutique offre à la vente, à prix doux, de jolis objets en bois représentatifs de l’artisanat estonien.

 

 

En descendant vers le lac Peïpous nous faisons halte à Rakvere pour voir les ruines de son château fort et son célèbre auroch aux cornes éffilées

Le lac Peïpous est le quatrième d’ Europe par ses dimensions (3550 km²) il sert de frontière entre l’ Estonie et la Russie. Les plages de sable, les dunes et les forêts de pins et
de bouleaux qui l’ entourent sont très appréciées des Estoniens.

 

Nous arrivons sur les bords du lac où nous bivouaquons
à Mustvee.

Quelques villages de pêcheurs sont peuplés par des
 » Vieux-Croyants » qui n’ont pas accepté les réformes
de l’église orthodoxe et ont conservé toutes leurs
anciennes traditions.
Leurs modestes maisons en bois et leurs pittoresques
petites églises en témoignent.

 

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La frontière se situant au milieu du lac, la côte est surveillée grâce à des miradors. Les estoniens ne veulent sans doute pas se retrouver sous la domination russe !
Une curiosité à Raja, une chapelle qui se résume à son porche et à son clocher en bois, le socle en béton attend toujours la poursuite de sa construction …

Nous quittons ce lac pittoresque pour visiter Tartu, seconde ville d’ Estonie et cité universitaire, c’est une ville agréable à parcourir, la place de l’ Hôtel de Ville bordée d’un bel ensemble
d’immeubles classiques et de terrasses de café descend en pente douce vers la rivière.
Une jolie fontaine intitulée  » le baiser des étudiants  » (1998) est devenu l’ emblème de la ville.


Cette maison étroite qui penche dangereusement abrite un musée d’ art qui présente des collections de peinture moderne.

 

   

 

 

Des plots aux formes amusantes empêchent les voitures d’accéder aux endroits piétonniers.

 

La verdoyante Colline de la Cathédrale (où naquit la future Tartu) a été acquise au début du 19è siècle par l’ Université qui y a fait construire différents édifices. Les ruines romantiques
et mélancoliques de l’ ancienne cathédrale en briques de style gothique ont été conservées.

 

 

 

 

 

 

 

De l’ autre côté de la rivière, la ville nouvelle se développe.

 

 

 

 

 

 

A 8 kilomètres de Voru le village de Rouge s’ égrène en petits groupes de maisons posés au bord de 7 lacs qui communiquent. Ce village a été aménagé dès 1919 dans la Vallée des Rossignols par un visionnaire écologiste avant que l’écologie ne soit à la mode. Des moulins à eau, une petite station hydro-électrique et des générateurs solaires procurent l’ énergie nécessaire à la vie des habitants.

Partis, sac a dos, pour parcourir  » le sentier de l’ énergie renouvelable  » nous en avons été très vite empêchés par l’ orage et nous avons regagné le magasin d’artisanat qui expose de très jolies lirettes à prix
très doux. Nous avons également regretté de ne pouvoir monter à la tour d’observation qui permet d’apercevoir toute la chaîne des lacs.

Nous quittons l’ Estonie, traversons l’ est de la Lettonie pour arriver au nord de Vilnius où a été déterminé, en 2004, le centre de l’Europe.

Les scientifiques de l’ Institut National Géographique français ont déterminé que le centre de l’Europe se trouve à 28 km au nord de Vilnius près du village de Purnuskès , 54°54′ de latitude nord
et 25°19′ de longitude est.
Ces coordonnées sont retenues après la nouvelle définition des bornes du continent européen: le Spitzberg au nord, les îles Canaries au sud, les montagnes de l’ Oural à l’est et les Açores à l’ouest.
Sur un bloc de granit rose, le point précis de ce centre a été gravé. Une colonne de granit blanc couronnée d’étoiles et une grande rose des vents sont au centre d’un parc qui invite à la promenade.Par contre, Tedzo semble dubitatif et ne sait plus où diriger ses pattes !!!

 

 

 

Nous avons profité de ce site et du golf qui l’entoure pour un dernier bivouac champêtre en Llituanie.

 

A une dizaine de kilomètres de la frontière lituanienne, sur le chemin du retour, la ferme-auberge d’ agroturismo de Rutka Tartak en Pologne nous sert d’étape.

 

La famille Francizek se met en quatre pour ses hôtes, le repas traditionnel, composé essentiellement de produits de la ferme est arrosé de différents types de vodkas….

La soirée est très agréable en compagnie d’un couple de français
rentrant d’un périple russe.
Malgré la barrière de la langue, les échanges avec nos hôtes sont nourris.

Le lendemain, frais et dispos malgré la dégustation des vodkas, nous entamons la route du retour: traversée de la Pologne, de l’ Allemagne puis de la France pour rejoindre Bordeaux, environ 2500 Kms à parcourir.

En conclusion: ce voyage qui totalise 9500km s’est déroulé sans incident malgré les cinq pays traversés, l’appartenance à l’ UE facilite grandement les déplacements.
Un peu d’anglais est bien utile, le français commence à être enseigné dans quelques établissements, la rencontre avec un professeur de français sur un parking de Kaunas a été très instructive à ce sujet.
Le guidage par GPS nous a bien aidé surtout en agglomération. Le réseau routier de ces pays est très inégal, si les grands axes sont plutôt corrects, les routes secondaires sont souvent en travaux et nous ont parfois obligés à faire des détours de plusieurs kilomètres ou à emprunter des pistes.

Le bivouac libre est très facile et de nombreux parcs de stationnement sont équipés de toilettes, le ravitaillement en eau est un peu plus problématique mais les campings ont toujours accepté de nous fournir uniquement de l’eau contre une légère rétribution.

Les Pays Baltes, à l’ histoire mouvementée, ont connu une domination de divers empires européens. Une action spectaculaire, en 1989, va symboliser la solidarité de ces trois pays face à l’ occupant, une chaîne humaine de 2 millions de personnes sur 600kms a relié les trois capitales et amorcé la marche vers l’indépendance.
Ces pays ne sont redevenus indépendants que depuis vingt ans et depuis, ils s’ efforcent de développer leur économie et d’améliorer les conditions de vie des populations.

En somme, il serait dommage de ne visiter que les capitales (très belles), ce voyage en camping-car dans les Pays Baltes nous a permis des rencontres toujours bienveillantes avec les locaux, une connaissance approfondie de nombreux sites touristiques et d’ apprécier les relations et le respect que les Baltes ont avec la nature.

 

C’est fini